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André Gernez, Un révolutionnaire de la biologie

vendredi 20 novembre 2009
par  Grainede Ble

Le cancer sera vaincu… en 1976 ! C’est du moins ce qu’annonçait à toute la presse le conseiller du président Nixon, John Rooney, le 23 décembre 1971, lors du lancement du plan américain anti-cancer. Fanfaronnade électorale ? Non. Cette déclaration s’appuyait sur les découvertes du docteur André Gernez, médecin français cancérologue et physiopathologiste. Voici son histoire.

Né en 1923, bachelier à quinze ans, André Gernez est, à 21 ans, le plus jeune médecin de France. Nous sommes en 1944. Après un engagement volontaire au service militaire, il intègre le prestigieux Institut français du cancer, la Fondation Curie, à Paris. Domine alors l’approche pasteurienne qui considère la pathologie comme le résultat de l’agression de l’organisme par un prédateur, virus ou microbe. La cancérisation étant envisagée comme la conséquence d’une attaque virale qui finit par déborder la défense immunitaire de l’organisme, on explore la piste vaccinale. Cette approche paraît d’emblée incohérente à Gernez. En effet, selon lui, le cancéreux ne présente pas de déficience immunitaire, et la voie d’essaimage du cancer est précisément la plus riche en cellules de défense. Cellules cancéreuses et cellules de défense coexistent dans une totale indifférence réciproque à l’intérieur des ganglions lymphatiques. Les cultures de cellules saines, cultivées aseptiquement, se cancérisent couramment.

CHERCHEUR HÉRÉTIQUE 33 NEXUS n°49 mars-avril 2007

André Gernez, Un révolutionnaire de la biologie

JPEG - 35.3 ko Gernez en déduit que la voie pasteurienne est inadaptée et décide d’adopter une démarche différente. Sa recherche porte alors sur une maladie exceptionnelle en France, mais courante en Suède : la maladie de Plummer-Vinson (ou Brown-Kelly- Paterson) une affection précancéreuse de la gorge fréquente chez la femme, qui présente la particularité de disparaître par une thérapeutique extrêmement banale à base de vitamines et de sels ferriques... C’est la pierre de rosette ! On pense à cette époque qu’à partir du moment où une cellule devient cancéreuse, le processus est irréversible. Le cas de la maladie de Plummer-Vinson prouve le contraire, puisque sous l’influence d’une médication aussi simple, le cancer dispara ît. C’est à ce moment-là qu’André Gernez pose les bases de ce qu’il appellera la prévention active du cancer (lire « La prévention active selon Gernez », dans notre prochain numéro). Depuis 1967, André Gernez révolutionne les principes fondamentaux de la biologie. C’est à lui que l’on doit la théorie des cellules souches et la révision des dogmes du double cycle cellulaire ou de la fixité neuronale… Aujourd’hui, la plupart de ses découvertes sont mondialement reconnues, sans que son nom ne soit jamais cité. Selon André Gernez, on peut vaincre des maladies aussi diverses et complexes que le cancer, l’athéromatose, la sclérose en plaques, la schizophrénie, la myopathie de Duchenne, Parkinson, Alzheimer... à condition de changer de paradigme, la biologie cellulaire reposant depuis des décennies sur une théorie erronée. Par Jean-Yves Bilien © 2006 Jean-Yves Bilien est le réalisateur du DVD : Docteur André Gernez : le scandale du siècle (cf. p.38) 34 CHERCHEUR HÉRÉTIQUE NEXUS n°49 mars-avril 2007 Mandaté par son maître le professeur Pierre Porcher, et alors âgé de 23 ans, Gernez quitte la Fondation Curie et part étudier cette affection en Angleterre (Radcliff’s, Oxford), en Suède (Karolinska Sjukhuset Stockholm) et aux États-Unis (Presbyterian Hospital, New-York). Il écrit sur cette maladie dans la Presse médicale du 20 avril 1949, et le Paris médical du 13 mai 1949. Une double conviction naît alors de ses observations : d’une part, à l’inverse de ce que l’on pense, la cancérisation n’est nullement un processus agressif à l’encontre de l’organisme, mais procède au contraire d’un mécanisme suppl étif tout à fait normal, à savoir une hyperplasie compensatrice qui intervient dans une population cellulaire quand celle-ci est incapable de faire face à ses obligations fonctionnelles. Elle mobilise alors des individus cellulaires tarés – des mutants – qui dans les conditions normales sont inviables, de la même manière qu’une armée décimée ou confront ée à un ennemi supérieur en nombre incorpore des individus peu valides qui dans des conditions normales seraient rejetés dans la réserve ou exclus de l’armée. D’autre part, contrairement à ce que l’on croit, la cellule cancéreuse n’est pas un mutant anarchique d’apparition rare, mais résulte d’un processus constant alors que la cancérisation, elle, est exceptionnelle. Repenser les bases de la biologie L’étude de la maladie de Plummer-Vinson fait naître en Gernez la conviction que le problème du cancer doit être repensé sur les bases d’une nouvelle base biologique. Il constate que le fondement même de la théorie cellulaire, qui régit la biologie, est erroné, ce qui empêche toute solution au problème posé par les maladies dégénératives. Jusqu’à cette époque, et depuis plus d’un siècle, il était admis que la cellule exerce alternativement un rôle fonctionnel et un rôle générateur. En réalité, les cellules qui travaillent et les cellules qui se divisent ne sont pas les mêmes ! Depuis des décennies, on avait analysé des millions de coupes au microscope sans prendre conscience de l’évidence qu’une cellule qui travaille n’est pas génératrice et qu’une cellule génératrice n’est pas fonctionnelle. En raison de cette vision naïvement anthropomorphique, on a admis, il y a presque deux siècles, que la cellule travaillait et procréait, alternativement, comme les êtres humains qui assument cette double fonction. En réalité, il n’en est rien. De même, dans un essaim d’abeilles, à partir d’œufs identiques, est prise une option irréversible : les unes deviendront reines et procréeront sans travailler, les autres, stériles, seront ouvrières. Dans des conditions normales, une cellule géné- ratrice se divise en deux cellules filles à la faveur d’une mitose. La première demeure une cellule génératrice et la seconde, ouvrière fonctionnelle mais stérile, devient une cellule sanguine, de muscles ou de peau. Ce qui explique la constance de la masse des populations cellulaires dans les tissus, autrement dit des parenchymes. Dans le cancer au contraire, la cellule cancéreuse donne naissance à deux cellules qui, toutes deux, sont génératrices, ce qui explique la prolifération cellulaire à croissance géométrique (courbe de Collins : 2-4-8-16...) caract érique du cancer. Depuis des décennies donc, Gernez considère qu’une énorme erreur de biologie cellulaire empê- che de résoudre une quantité de problèmes, dont celui du cancer, parce que la théorie scientifique de l’époque se trompait grossièrement sur la structure cellulaire des organes. Les quatre postulats de Gernez Nous sommes seulement à la fin des années 40, et Gernez pense encore que les scientifiques vont découvrir l’erreur. Il considère que ce n’est pas à lui de formuler cette théorie, ce n’est pas son mé- tier. Mais le temps passe et point de changement. Cela durera vingt ans. Son amie, le docteur Claudine Escoffier-Lambiotte (responsable du service Santé du quotidien Le Monde et membre co-fondateur de la Fondation pour la recherche médicale) le presse La cancérisation ne procède pas d’une agression, mais au contraire d’un mécanisme supplétif : en cas d’impossibilité à faire face à ses obligations fonctionnelles, une population cellulaire mobilise des individus cellulaire tarés, des « mutants » qui, dans des conditions normales, sont inviables. 35 NEXUS n°49 mars-avril 2007 de formuler sa théorie révolutionnaire. Il se donne l’échéance de 1966 : si cette théorie ne sort pas au congrès sur le cancer de Tokyo, il la formulera lui-même. Le congrès se termine sur un constat d’échec. Il écrit donc, en 1967 son mémoire Néopostulats biologiques et pathogéniques qu’il soumet, avec son collaborateur le docteur Pierre Delahousse, à l’Académie des sciences, l’Académie de médecine, l’Institut pathologie cellulaire, l’Académie nationale vétérinaire. Sa théorie unifiée du cancer repose sur quatre concepts fondamentaux : 1) La division cellulaire en une cellule fille et une cellule fonctionnelle 2) La limitation de la masse cellulaire 3) La réserve quiescente 4) Le rôle supplétif des cellules mutantes. Limitation de la masse cellulaire Il semble évident que les organes présentent une masse constante. On n’a pas observé d’individu ayant un foie d’une tonne ou des membres de plusieurs mètres. Les fluctuations, dans des conditions normales, restent étroites et ne dépassent pas un maximum qui caractérise l’espèce. Quelle est la raison de cette constance de la masse des organes, qui contraste avec la prolifération sans limites des mêmes cellules dans le cancer ? Le facteur qui limite la multiplication cellulaire chez l’individu à partir du germe initial et qui limite la masse, c’est-à-dire le nombre de cellules de chaque organe, est génétique. Il n’y a aucune différence entre le nombre de cellules qui pigmentent la peau d’un Noir nigérien ou celle d’un Blanc finlandais : la différence de pigmentation résulte de l’activité des mélanocytes (cellules épithéliales de l’épiderme). La masse cellulaire, une fois acquise à l’état adulte, ne peut se modifier que dans le sens d’une diminution qui est appauvrissement ou dans le sens d’une augmentation qui est alors une anomalie tumorale. La cellule génératrice (la seule que nous considérerons puisque la cellule ouvrière est inféconde et a un destin éphémère) peut être altérée dans sa structure de différentes manières : rayonnements ionisants, virus, toxines, etc. L’action de ces agresseurs se traduit par une diminution du stock, du patrimoine limité de cellules dont l’organisme a été nanti par la nature. Même dans des conditions idéales, sans aucune destruction due à ces agents, le temps, c’est-à-dire le vieillissement, aboutirait au même résultat et au même appauvrissement puisqu ’il est établi que chaque cellule souche ne peut se diviser au maximum que soixante-dix fois, selon les travaux du Dr Hayflick, après quoi son pouvoir de division est tari et sa descendance s’arrête. Soixante-dix mitoses en une vie Le Dr Leonard Hayflick a découvert en 1961 que le potentiel de division des cellules humaines, ou « potentiel mitotique intrinsèque », était limité à soixante-dix mitoses. Les diverses populations cellulaires constitutives de l’organisme utilisent cinquante de ces divisions jusqu’à la maturation adulte de l’organisme. Les vingt divisions restantes servent au remplacement des cellules usées par le métabolisme. Quand ce potentiel est épuisé, la lignée cellulaire s’éteint. Il s’agit donc de préserver au maximum ces divisions cellulaires, facteur déterminant du vieillissement. La cellule constituant à la fois l’unité physiologique et anatomique de l’organisme, le tarissement du stock cellulaire a pour conséquence son extinction. Gernez en déduit qu’à l’évidence, l’extinction de l’organisme, c’est-à- dire la mort, n’est pas le résultat d’une usure due à l’accumulation de déchets, mais d’une obligation héréditaire qui survient quand les cellules-mères ont épuisé le potentiel de division qu’elles dé- tiennent et deviennent incapables de remplacer les cellules ouvrières qui assurent la fonction des organes et qui meurent à chaque instant. L’usure, les déchets, les multiples agressions ne font qu’acc élérer la survenue d’une fin inéluctable. La mort naturelle survient quand le stock de cellules géné- ratrices, épuisé, n’arrive plus à maintenir en activit é un nombre suffisant de cellules fonctionnelles. Et lorsque c’est une colonie cellulaire vitale qui commence par faire faillite, elle entraîne la mort de l’ensemble des autres, c’est-à-dire de l’individu, parce que l’équilibre interne de l’organisme n’est plus assuré. En raison d’une vision naïvement anthropomorphique, on a admis, il y a presque deux siècles, que la cellule travaillait et procréait, alternativement, comme les êtres humains. En réalité, les cellules qui procréent et celles qui travaillent ne sont pas les mêmes… 36 CHERCHEUR HÉRÉTIQUE NEXUS n°49 mars-avril 2007 En même temps qu’il livre ses théories sur le cancer, André Gernez revisite une deuxième erreur doctrinale enseignée depuis plus de soixante ans : l’impossibilité du cerveau à fabriquer de nouvelles cellules nerveuses. Au début du siècle dernier, en infraction avec la loi de Conheim (1882) selon laquelle « subsistent au sein des tissus adultes des cellules restées au stade embryonnaire et gardant à l’état latent leur pouvoir de prolifération », Santiago Ramon y Cajal (prix Nobel 1906) introduit en biologie une donnée qui devait s’avérer catastrophique : « Les structures nerveuses sont fixées et immuables à la naissance ; tout peut y mourir, rien n’y peut régénérer ». Incontestée, nobélisée, érigée en dogme inviolable, l’intrusion de cette donnée dans l’enseignement doctrinal allait faire obstacle pendant un siècle à la solution des problèmes majeurs de la neuropathologie, enlisant sclérose en plaques, schizophrénie, maladie de Charcot, Parkinson, Alzheimer dans des approches pathogéniques inextricables. Gernez et son groupe (Dr Delahousse, Dr Deston, Dr Dumont, Dr Lacaze ) récusent ce dogme en 1970. Ils affirment qu’il existe une reproduction des neurones chez l’adulte, que le dogme de la fixité neuronale est erroné et que l’organogenèse du cerveau n’est non seulement pas achevée à la naissance, mais qu’elle se poursuit plus tard dans l’âge adulte. La population neuronale comporte donc aussi des cellules souches et des cellules spécialisées. Aujourd’hui, la capacité du cerveau à produire de nouveaux neurones chez l’adulte est admise et universellement reconnue. Cette erreur de dogme a gravement compromis les recherches sur les pathologies dégénératives comme le cancer, l’athéromatose, la schizophrénie, la sclérose en plaques, Alzheimer ou Parkinson. La réserve quiescente Une cellule souche est une cellule qui reste capable de se diviser tout au long de la vie, assurant le renouvellement des cellules d’un individu. La division d’une cellule souche produit une nouvelle cellule souche (cellule de « réserve ») et une autre cellule qui va s’engager dans un processus de diffé- renciation qui la conduira à remplir une fonction précise ; celle-ci ne se divise pas. Entre chaque division, les cellules souches passent par une pé- riode de repos. L’ensemble des cellules qui en sont à cette phase constitue la réserve quiescente (qui se repose). Dans des conditions normales, les groupes de cellules qui constituent l’organisme (nous les appellerons des colonies cellulaires, qui sont au nombre de deux cents) vivent très « en dessous de leurs moyens », c’est-à-dire qu’une faible proportion des cellules souche est en cours de division. Pour la totalité de l’organisme, environ 3 % des cellules sont simultanément en phase de division. Les autres constituent la réserve quiescente qui est un état dans lequel les cellules sont moins vulnérables aux agressions, autrement dit dans un état de résistance. Quand la réserve quiescente est mobilis ée, les cellules entrent dans la phase de division et l’organe où se situe la colonie cellulaire subit une hypertrophie. Mais celle-ci est nécessairement limitée par le nombre même de cellules souches du stock. Avec le foie, cette manifestation prend un aspect spectaculaire. Une bombe chez les biologistes Il est 7 heures du matin, en ce mois de décembre 1968, quand le téléphone sonne... C’est le directeur de l’institut Pasteur, Charles Gernez-Rieux (homonyme), qui convoque André Gernez le jour même. Après lui avoir fait part du jugement positif émis par toutes les institutions scientifiques qu’il repré- sente sur les fondements biologiques exposés dans son mémoire, Charles Gernez-Rieux lui demande de formuler rapidement les développements indispensables. Le Dr Gernez lui confirme qu’il débouche sur la solution des pathologies dégénératives. C’est une vraie bombe dans les milieux scientifiques. La proposition de corriger un dogme erroné sur le fondement de la biologie cellulaire reçoit l’approbation de plus de trente éminents savants spécialisés. Dans la foulée, André Gernez formule trois mémoires : La Carcinogénèse, mécanisme et prévention (1969), Le Cancer dynamique et éradication (1969) et Lois et règles de la Cancérisation (1970). Un protocole de prévention active Une étude sur la base du protocole de Gernez est lancée en 1969 à l’Institut de Toxicologie de l’universit é de Paris (service du Pr Truhaut) dans le but de confirmer ou d’infirmer ses propositions théoriques. On choisit pour le protocole expérimental un cancer incurable, en l’occurrence le cancer primitif du foie. Les expérimentations, dirigées par le docteur J.C. Gak, sont réalisées sous forme codée (c’est-à-dire que les expérimentateurs sont dans l’ignorance, jusqu’au terme des expérimentations, des résultats susceptibles d’être obtenus, de sorte qu’aucune influence consciente ne puisse en entacher la valeur). Les résultats sont positifs. Le docteur Gak annonce à Gernez qu’avec un taux de réussite de 93 %, les expérimentations confirment totalement les prin- Gernez démonte aussi le dogme de la fixité neuronale 37 NEXUS n°49 mars-avril 2007 cipes et les promesses de la procédure de prévention. Ces résultats ne seront jamais rendus publics... Il précise avoir reçu l’instruction de les maintenir secrets ; ils seront même ultérieurement officiellement niés. Et bien oui... aussi invraisemblable que cela puisse paraî- tre, nous allons assister à partir d’un noyau de cancérologues dé- terminés, à une manœuvre d’occultation et de silence qui va s’étendre progressivement au milieu scientifique, puis gagner la sphère politique. L’invraisemblable suit l’incroyable : plus un mot sur les travaux de Gernez ! Un clan aussi réduit que puissant décide de garder le silence. Une censure « concertée et maintenue » par un petit clan de cancérologues officiels responsables de l’orientation de la recherche empêche la sortie de ses travaux. Toutes les tentatives entreprises pour la publication de ceux-ci dans les revues spécialisées ou de vulgarisation sont vouées à l’échec. Une pression s’exerce à tous les niveaux de l’information. Vous vous dites certainement que cette histoire est invraisemblable, et que « si c’était vrai, ça se saurait »… Et pourtant, les centaines de documents accumulés depuis quarante ans fournissent la preuve flagrante qu’une poignée d’individus vexés, orgueilleux, tenant entre ses mains la science, a délibérément ostracisé Gernez. Il est incompré- hensible que dès 1968, on ne lui ait pas proposé la direction scientifique d’un institut dans son propre pays ! Pas vu à la télé ! Mais n’en restons pas là, car le propos essentiel de ce récit est d’avancer positivement et d’apporter des solutions aux maladies du moment. Le 4 novembre 1971, le professeur Paul Gellé, président de l’Ordre des Médecins du Nord, lance un appel solennel pour dénoncer le silence orchestr é sur les travaux de Gernez. Cet appel, enregistr é à la télévision, est interdit d’antenne dans l’heure précédent sa diffusion ! Cependant, adress é simultanément à la presse écrite nationale et internationale, il paraît dans quatorze pays. Une pression s’exerce à tous les niveaux de l’information pour cacher une révolution scientifique aussi inattendue que gênante. Les murs de la forteresse sont ébranlés et la brèche est profonde ; elle est néanmoins colmatée dans l’urgence et la panique ; les cancérologues-pompiers maîtrisent l’incendie qui s’éteint en six semaines. La presse se fait l’écho des déclarations du docteur Gernez : « Il réclame un face à face avec les cancérologues  ». Pas de réponse, le monde de la cancérologie hiberne. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde... Adopté par les États-Unis Au Xe Congrès international du cancer qui se tient à Houston en 1970, les cancérologues français ne présentent pas les travaux du Dr Gernez. Dans la revue Médecine mondiale, ce congrès est décrit comme étant celui du « désespoir et du renoncement » ; les moyens gigantesques engagés durant quatre années aboutissent à une impasse. L’immunothérapie propos ée en 1964 par le Pr Mathé donne des résultats décevants. Or quelques mois plus tard, le 23 décembre 1971, un mois donc après l’appel du professeur Gellé, le président Nixon annonce : « Nous sommes entrés dans l’ère de la victoire sur le cancer. » Son conseiller, John Rooney, précise même la date de la victoire sur le cancer : le 4 juillet 1976, date du bicentenaire de l’indépendance américaine... Le responsable de la lutte anti-cancer américaine, le Pr Lee Clark, annonce de son côté que la courbe de mortalité cancéreuse va s’effondrer dans un premier temps jusqu’à un niveau compris entre 15 et 25 % . Qu’est-il donc survenu, en quelques mois, pour que la désespérance se transforme en optimisme, le renoncement en une assurance inattendue, la faillite en cri de victoire, et cela chez les plus hauts responsables américains ? Si l’on étudie le programme de la recherche américaine arrêté en 1971, on s’aper- çoit que sept points sur neuf correspondent exactement aux propositions du Dr Gernez, telles qu’il les publia en 1969 dans son ouvrage La Carcinogénèse, mécanisme et prévention… En France, en toute discrétion Pendant ce temps, en France, bien des choses changent à l’insu du public : des reconversions sont pratiqu ées (Quotidien du médecin 2/4/71), des objectifs de recherche modifiés, des positions scientifiques quittées sur la pointe des pieds, des contrôles expé- rimentaux restent sans diffusion. La théorie gernezienne est officialisée dans le bulletin n° 196 de la Ligue nationale française contre le cancer en septembre 1972, par le Pr Marques, directeur du CRAC de Toulouse. Il rend officielles les théories du Dr Gernez sur le mécanisme du cancer, sans faire référence à son auteur. Le Pr Mathé, de Villejuif Des centaines de documents accumulés depuis quarante ans prouvent qu’une poignée d’individus aux commandes de la recherche ont délibérément ostracisé Gernez. 38 CHERCHEUR HÉRÉTIQUE NEXUS n°49 mars-avril 2007 parle de « tentative de synchronisation cellulaire ». Deux rapports en font l’analyse : l’un paraît dans La Nouvelle Presse médicale n° 26 du 24 juin 1972, et dans le Quotidien du Médecin du 25 mai 1973. Des chercheurs de Villejuif essaient des méthodes de stabilisation des cancers en parlant de « chalone* ». Les résultats sont publiés dans le Quotidien du Médecin, le 3 avril 1973. En 1973, Charles Geffroy, directeur de La Vie Claire, après consultation à Genève du directeur de la cancé- rologie de l’OMS, diffuse à un million d’exemplaires un opuscule révélant au public la procédure diététique et médicamenteuse de prévention du docteur Gernez. Le maire de Florence, où se tient le Congrès international de cancérologie en 1974, décide de dénoncer dans son discours inaugural, le « mur du silence et de la honte ». Il est destitu é trois jours avant le congrès. La brèche faite par la presse italienne dénonçant le scandale est colmatée et sa diffusion par le Politika express en Europe de l’Est fait l’objet d’une intervention diplomatique en Yougoslavie. Mais revenons à nos expérimentations de l’Inserm qui, comme vous allez le voir, vont monter au plus haut sommet de l’État. Le ministre de la Santé, Michel Poniatowski, requiert de ses services de les rendre publiques. Le Pr J. Ripoche, en charge du dossier, demande que soient révé- lés les résultats des expé- rimentations réalisées de 1969 à 1972, dans le secret, à l’Institut de toxicologie de l’université de Paris. À cet effet, il organise le 13 dé- cembre 1974, à son domicile, une entrevue avec la Direction générale de la santé publique et le chargé de la pharmacovigilance, le Pr Lechat. L’épilogue de cette réunion est pour le moins surréaliste. La décision est prise de ne pas rendre publics les résultats de l’Inserm et de ne pas mettre en place le protocole de prévention active de Gernez... La raison invoquée par le directeur général de la santé publique est qu’une application généralisée de cette procédure préventive, en accroissant la longévité moyenne de sept années, rendrait insoluble le problème déjà aigu de l’hébergement des gens âgés dans les maisons de retraite, ainsi que celui du paiement des retraites !!! Si la méthode avait été adoptée, elle aurait abouti à une large éradication du cancer. Un effondrement du nombre de cancers aurait provoqué un effondrement du taux de remplissage des cliniques et des hôpitaux et donc beaucoup ne seraient plus rentables. D’autant que Gernez montrait que sa méthode avait également une action préventive sur l’athérome (infarctus du myocarde). Et oui vous avez bien lu... Le directeur de la Santé maintient sa décision d’occultation dans une lettre adressée au Dr Gernez le 12 mars 1975. Michel Poniatowski, ministre initiateur de cette décision, est censuré et son successeur niera l’existence de ces expérimentations. Trente-cinq ans plus tard, la procédure préventive n’a toujours pas été rendue publique. Seul, Alain Poher, président de la République par intérim en 1974 et président du Sénat, persiste. Il reçoit le docteur Gernez et le docteur Delahousse à cinq reprises en deux mois à l’Elysée. Convaincu de mener le dossier à son terme en franchissant un simple obstacle, M. Poher, prend conscience au fil des semaines qu’il constitue un « Everest » insurmontable en France. Médaillé en Autriche, radié en France Le 17 juin 1979, le docteur André Gernez reçoit à Salzbourg en Autriche, la médaille Hans Adalbert Schweigart pour ses travaux sur la théorie unifiée du cancer, décerné par l’Union mondiale pour la protection de la vie. Cette institution internationale était dotée d’un conseil scientifique groupant quatre cents savants de cinquante-trois pays, dont quarante prix Nobel. Son président d’honneur était le professeur Linus Pauling (prix Nobel de Chimie et prix Nobel de la Paix) et son président, le professeur Gunther Schwab. Presque toute la presse française en censure l’information. En 1990, le docteur Gernez demande sa radiation de l’ordre des médecins. Sa requête prendra effet en 1991. Aujourd’hui, en janvier 2007, André Gernez n’a jamais cessé de travailler. Il poursuit ses réflexions et continue d’écrire aux différentes autorités réputées compétentes. Deuxième partie dans notre prochain numéro : « La prévention active selon Gernez » * Chalone : groupe de cellules qui inhibent la mitose cellulaire.

À propos de l’auteur Journaliste et enquêteur spécialiste des hérétiques de la sciences et spiritualité, Jean-Yves Bilien est l’auteur du documentaire Docteur Gernez le scandale du siècle, avec les docteurs André Gernez, Jean-Pierre Willem, Pierre Delahousse, un DVD d’une durée de deux heures que l’on peut commander à cette adresse : MC Collard - Cappe - 47270 Saint-Caprais-de-Lerm (30 euros, frais de port inclus) par chèque à l’ordre de Jean-Yves Bilien. Contact : Jean-Yves Bilien : 06 79 50 00 39 jean.bilien@wanadoo.fr. En 1974, le directeur général de la santé publique décide de ne pas mettre en place le protocole de prévention active de Gernez, car en prolongeant la longévité de sept années environ, elle rendrait insoluble le problème d’hébergement dans les maisons de retraite


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Commentaires

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lundi 1er mars 2010 à 18h44 - par  javahl

Je connais bien l’affaire Gernez qui prit de l’ampleur dans les années 70 lorsqu’elle fut rendue publique notamment par une brochure diffusée par La Vie Claire. J’ai eu l’occasion d’étudier plus en profondeur ses écrits sur la carcinogénèse, lorsque ceux-ci furent réédités par La Vie Clair dans les années 75. Si le Dr Gernez fut l’un des premiers (voire le premier) à comprendre l’importance des cellules souches (qu’il désignait à cette époque « cellules génératrices ») bouleversant des concepts fondamentaux en biologie cellulaire, il n’en reste pas moins que sa théorie sur la carcinogénèse me parut peu crédible. Je rappelle que celle-ci est construite sur l’inversion d’une concurrence entre lignées orthoplasique et dysplasique au profit de cette dernière consécutive à l’épuisement numérique de la lignée orthoplasique. La lignée dysplasique est sensée remplacer la lignée orthoplasique qui ne peut plus assurer sa fonction biologique. En quelque sorte Gernez transpose la sélection naturelle de Darwin dans les organismes pluricellulaires pour expliquer l’inversion d’une dominance produite par une raréfaction des cellules saines qui d’ordinaire sont plus performantes pour assurer l’équilibre homéostasique.

N’importe quel biologiste sait qu’on ne peut comparer les conditions de survie des mutants dans la nature à celles qui existent dans un organisme pluricellulaire où le mutant n’a pas de prédateur et dispose du gite et du couvert. Depuis, les connaissances sur la carcinogène ont beaucoup progressé et n’ont jamais apporté la moindre confirmation sur la théorie de la carcinogénèse avancée par le Docteur GERNEZ construite autour de cette concurrence cellulaire. Les écrits du Dr GERNEZ, vieux de 40 ans, n’ont jamais été mis à jour ; Ils sont maintenant accessibles sur la toile alors qu’ils font l’impasse des dernière découvertes sur les oncogènes, Les facteurs de croissance et Les mécanismes de contrôle de l’altération du génome par apoptose. D’autres paramètres, inconnus dans les années 70, entrent en jeux qui permettent aujourd’hui de proposer une théorie de la carcinogène plus conforme aux derniers acquis de la biologie cellulaire. Peut-être que ces dernières connaissances ont manqué au Dr GERNEZ pour proposer une théorie plus cohérente dans laquelle l’épuisement des cellules souches, suite au vieillissement, jouent quand même un rôle important, si ce n’est qu’en favorisant les mutations inévitables, et la promotion des mutants par altération progressive des signaux de contrôles et des mécanismes de maintient de l’intégrité tissulaire faisant appel à l’apoptose. Le rétablissement de la mort cellulaire programmée fait d’ailleurs partie de la stratégie des derniers traitements ciblés en cours d’expérimentation.

Je rappelle que les propositions de prévention actives préconisées par le Dr GERNEZ dans lesquelles est prévue la prescription de cytostatiques à faibles doses, ont été rejetés par les cancérologues les plus connus dans les années 70 en raison des risques de toxicité (Mathé, Tubiana…). L’hydrate de chloral qui était susceptible d’entrer dans cette prescription, est maintenant interdit en France depuis que l’on a découvert qu’il est aussi un agent mutagène. On pourrait le remplacer par d’autres agents antimitotiques sans pour autant enlever le risque toxicologique qui s’avérerait inutile pour la fraction majoritaire de la population humaine qui ne mourra pas du cancer.

L’une des propositions dès plus rocambolesques concerne la prévention de la maladie d’alzheiner, le Dr Gernez proposant de favoriser la consommation de tabac et l’alcoolisme alimentaire. L’excès oxygène en favorisant l’activité cérébrale épuiserait la réserve blastique, il faut donc réduire cet excès en fumant du tabac. Mais sa réduction également provoquée par les graisses qui se déposent sur les parois des artères aurait également pour effet de réduire cette réserve blastique. L’alcool présenterait l’avantage de réduire le dépôt de ces graisses. Entre une méthode qui réduit l’excès d’oxygène et une autre que la favorise, difficile de comprendre ce qui est recherché sauf peut-être un optimum qui s’avère bien difficile à maitriser. Combien de cigarettes ? Quelle quantité d’alcool ? Comment tenir compte des facteurs de risques individuels ? L’âge et le sexe ?…. D’ailleurs pourquoi se limiter au tabac pour réduire la consommation d’oxygène ? On peut aussi bien le remplacer par d’autres procédés. Un masque par exemple muni d’un système d’absorption qu’il faudrait porter en permanence, contrôlé par un système électronique individualisé ce qui serait moins dangereux pour la santé que le tabac….Car le Dr Gernez semble ignorer le rôle du tabac dans l’origine de la grande majorité des cancers du poumon qu’accentue la consommation d’alcool. Il est important de rappeler que l’alcool est maintenant considéré par l’Institut International contre le Cancer comme un agent cancérigène.

Il est évident que des propositions aussi peu sérieuses sont probablement à l’origine du peu de crédit qu’elles suscitent auprès des milieux scientifiques et des cliniciens des centres anticancéreux
.
Pour autant, le scénario de complot présenté dans les films accessible sur le net, le nom de leurs auteurs étant précisés, méritent une enquête approfondie et des réponses claires afin de s’avoir ce qu’il s’est réellement passé. Peut-être a-t-on assisté à une démarche maladroite de responsables politiques et de quelques scientifiques qui se sont laissé abusés ! Ce récit comporte des péripéties insolites. Par exemple, il me parait très étrange et contraire à l’étique médicale qu’un groupe de travail ministériel était prêt à inonder la France d’un protocole de prévention active à partir de cytostatiques sans qu’au préalable il fasse l’objet de vérifications expérimentales randomisées sur des groupes de volontaires. Comment se contenter d’expériences animales même si elles se révélaient concluantes en raison de la nature des produits utilisés. Il aurait été prudent de commencer sur des groupes témoins humains à haut risque afin de connaitre le bénéfice réel et les effets indésirables à long terme. Or, tout est présenté comme si on absorbait des antibiotiques à titre préventif. Les risques toxicologiques des cytostatiques qui sont aussi, il faut le rappeler, des tueurs de cellules saines, sont bien plus importantes sans compter la possibilité de créer des résistances inacceptables qui mettraient en cause l’efficacité de tout traitement futur d’un cancer émergé si cela devenait nécessaire…. Quant à l’interdiction de réaliser un allongement de 7 ans de la longévité humaine en raison des risques financiers et de la surpopulation attendue des maisons de retraite, cela ne tient pas debout. Cet allongement a pratiquement été réalisé dans les 40 années qui ont suivi suite aux traitements de plus en plus efficaces en cancérologie et des maladies cardio-vasculaires.

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