Le risque de maladie cardiovasculaire avance l’âge de la ménopause

samedi 5 août 2006

Le risque de maladie cardiovasculaire avance l’âge de la ménopause

La ménopause précoce serait associée à une augmentation du risque cardiovasculaire au travers de mécanismes biologiques hypothétiques qui n’en sont pas moins présentés comme une explication hautement plausible. Certes, la ménopause expose à l’installation ou à l’aggravation de plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire. Le traitement hormonal substitutif (THS) s’est révélé paradoxalement peu bénéfique dans la prise en charge de cette menace cardiovasculaire qui serait quelque peu exagérée pour des raisons diverses, pas nécessairement scientifiques.

D’autre part, les ovaires sont des glandes endocrines hypervascularisées, dont les artères pourraient être, dans une certaine mesure, sensibles à la progression de l’athérosclérose. En d’autres termes, c’est l’athérosclérose qui pourrait favoriser une ménopause précoce et les facteurs de risque cardiovasculaires associés à la ménopause ne feraient qu’accompagner la maladie athéromateuse en la favorisant, sans être pour autant la conséquence de la ménopause. Cette hypothèse a été abordée à partir des données prospectives de l’étude de Framingham recueillies chez 695 participantes, suivies depuis 1948.

De fait, des taux plus élevés de cholestérol total avant la ménopause ont été significativement associés à la survenue de la ménopause à un âge précoce, de même que l’augmentation du poids et de la pression artérielle. A l’inverse, la baisse des taux sériques de cholestérol total a été associée à la survenue de la ménopause à un âge tardif. Une tendance similaire a été observée avec la pression artérielle, sans que le seuil de significativité statistique soit pour autant atteint. La baisse du poids corporel, pour sa part, avance l’âge de la ménopause. Chaque élévation d’un pour cent du score de risque de Framingham diminue l’âge de la ménopause de 1,8 années.

La maladie cardiovasculaire et ses facteurs de risque avanceraient l’âge de la ménopause et, non l’inverse, selon un théorie qui remet quelque peu en place les idées reçues au moment où le THS était présenté comme la panacée.

Dr Philippe Tellier

Kok HS et coll. : “Heart disease risk determines menopausal age rather than the reverse.” J Am Coll Cardiol 2006 ; 47 : 1976-1983.



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